Pour moi? Ça veut simplement dire que quand on se sent bien, quand on a sa santé en main, on peut aller au bout de ses objectifs, réaliser ce qu'on veut faire dans la vie sans se retenir. Fais ce que tu aimes. J'ai grandi dans le monde de la gymnastique. J'ai commencé à l'âge de 7 ans et j'ai tout de suite entrepris la compétition. J'ai poursuivi jusqu'à la fin du secondaire. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, j'ai continué à m'entraîner, à garder le rythme, mais quand la maladie m'a frappée, les symptômes ont commencé à se manifester. J'en suis arrivée au point où j'ai appelé le médecin et je lui ai dit que je ne pouvais plus continuer comme ça. J'avais besoin de réponses, et il m'a dirigée vers un spécialiste. Et je me suis retrouvée à l'hôpital avant même de le rencontrer. Et c'est là, simplement en regardant mes prises de sang et en tenant compte de mes antécédents familiaux, qu'on a pu poser un diagnostic : la colite ulcéreuse. Environ une semaine plus tard, j'ai passé une coloscopie et le diagnostic a été confirmé. C'est justement à ce moment-là, pendant une prise de sang de suivi, que j'ai perdu connaissance. Je suis restée 2 semaines à l'hôpital et c'est vraiment là que le parcours de traitement a commencé. À l'hôpital, j'étais très anémique. J'ai reçu 4 transfusions sanguines pour m'aider à remonter la pente et on m'a aussi prescrit des suppléments de fer. Avec la maladie, j'ai perdu énormément de poids, pratiquement toute ma masse musculaire. Ma motivation, c'était vraiment de retrouver mon corps tel qu'il était avant. Je me disais que ça allait sûrement aider ma guérison. On dit que l'exercice peut atténuer les symptômes, alors je me suis dit : pourquoi pas ? On retourne à la gymnastique et on voit ce que je suis capable de faire. Revenir et compétitionner à mon âge, c'est déjà fou. Mais être arrivée là où j'en suis, malgré la maladie, c'est encore plus incroyable. Ce que j'attends avec impatience, c'est de continuer mon parcours en gymnastique, voir où ça peut m'amener, progresser dans ce que je fais et surtout retrouver le plaisir de passer du temps avec mes amis, de socialiser, parce que j'ai perdu une année entière sans pouvoir profiter de ces petits bonheurs-là. Aujourd'hui, je suis libre de faire ce que j'aime et je n'ai pas à m'inquiéter autant de ce que l'avenir me réserve. Bien sûr, cette crainte est toujours là, mais maintenant je gère mieux mes symptômes et je prends mieux soin de moi. J'ai hâte de m'amuser un peu et de créer de nouveaux souvenirs.